Le pouvoir a une pente naturelle : il s’approprie. Le roi du livre de Samuel « prendra » les fils, les filles, les champs et les troupeaux. Cette feuille explore une réponse de la Tradition juive à cette pente : nul ne possède vraiment, car tout appartient à Dieu.
Le point de départ est la loi du Jubilé : tous les cinquante ans, chacun retrouve sa terre, car « la terre est à Moi, et vous êtes chez Moi comme des étrangers et des résidents »1. Le Midrash en fait une leçon d’humilité. David, le roi lui-même, reprend la formule : « nous sommes des étrangers devant toi2 ».
Les maîtres de la morale juive voient dans cette condition d’étranger, la marque des Patriarches et des Sages. Enfin, au XIXe siècle, le rabbin Elie Benamozegh en tire une théorie politique : en Israël, la souveraineté n’appartient ni au roi, ni au prêtre, ni à une élite, ni même au peuple, mais à Dieu seul.
Se savoir étranger sur la terre, est-ce un remède aux dangers du pouvoir ? Ou un risque de se détourner du monde ?
Comment utiliser cette feuille. Lisez les sources dans l’ordre, seul ou en havrouta. Les questions guident la lecture ; il n’est pas nécessaire de répondre à toutes.