Dans l'œil de Ta Shma - août 2°26
Responsabilité, faute et libre arbitre
Avec l’arrivée du mois de Eloul, Ta Shma vous propose de méditer sur les notions de faute et de responsabilité, à travers cinq articles qui interrogent l’origine du Mal, le poids qu’il fait porter et les chemins qui permettent de s’en relever.
Liora Benchimol Huberman ouvre le dossier en posant la question fondatrice : Dieu ou l’Homme, à qui revient la responsabilité du Mal ? Elle montre, à travers les sources bibliques et talmudiques, que le libre arbitre humain porte l’essentiel du fardeau, sans jamais justifier d’accuser la victime.
Gabriel Abensour prolonge cette réflexion à travers la pensée du talmudiste David Weiss-Halivni, rescapé de la Shoah, dont la théologie du tsimtsoum – la rétraction divine laissant place au libre arbitre humain – offre une clé pour penser le Mal sous toutes ses formes.
Il part ensuite de l’épisode du veau d’or pour interroger la faute du peuple d’Israël au désert : cette faute prouve-t-elle que toutes les générations sont égales devant le libre arbitre, ou au contraire qu’une élévation spirituelle a été perdue depuis ?
Cette question en entraîne une autre, à laquelle il consacre un troisième article : sommes-nous en droit de juger nos fautes plus sévèrement, ou plus indulgemment, que celles de nos ancêtres ? Gabriel propose une analyse historique du concept de « déclin des générations », de l’époque talmudique à nos jours.
Le dossier se referme sur la question du pardon : un dernier article retrace l’émergence de la teshouva comme alternative révolutionnaire au châtiment corporel, et interroge qui, de l’Homme ou de Dieu, doit faire le premier pas vers la réparation de la faute.
Le Mal, à qui la faute ?
Après des événements comme le 7 octobre, ou face à l’impensable de la Shoah, on ne peut s’empêcher d’être ébranlé dans notre foi et de se poser des questions. Inévitablement, on se demande pourquoi Dieu […]
Le bris des Tables : une théologie juive du Mal
Je n’aime pas écrire sur la Shoah. Non pas par manque d’intérêt pour cette catastrophe innommable mais parce que je me sens absolument incapable d’exprimer par des mots ce que mon esprit peine à comprendre. […]
Veau d’or et déclin des générations
Le livre de l’Exode traite à plusieurs reprises des fautes et rebellions du peuple d’Israël, à peine sorti d’Égypte. Nous avons bien du mal à accepter que les Hébreux ayant assisté aux dix plaies d’Égypte, au […]
Nos fautes sont-elles pires que celles d’hier ?
Le terme de yeridate hadorote – littéralement le déclin des générations) est un concept exprimant, de nos jours en tout cas, la croyance en une diminution spirituelle et/ou intellectuelle constante des nouvelles générations par rapport […]
Teshouva : qui fait le premier pas ?
La Torah a un rapport complexe à la faute et au pardon. Les quatre premiers livres du Pentateuque semblent considérer la faute comme directement liée au corps du pécheur et ne se réparant que par un tribut, généralement une punition corporelle. Ainsi, la faute commise par le corps se réparerait par un supplice lié au corps, voire par la destruction de ce corps.